L156 — Londres, 2 décembre 1794
Londres, frimaire Duodi, 2e decadi 3e année de la République ou vieux stile mardi 2 Xbre 1794.
Ma très chere et bonne sœur,
Je ne puis vous peindre mes tourments. Voici aujourd'huy justement trois mois que je n'ai reçu des nouvelles de ma femme ainsi que de ma famille. Je vous prie, aussitôt la présente reçue, de me guérir de mes inquiétudes par une réponse des plus prompte. Je crains bien que ma femme ne soit plus de ce monde. Si cela est, je vous prie de me le mander, car il faudra que j'apprenne ce malheur soit plus tôt soit plus tard. Au reste, ma très chere sœur, je compte infiniment sur votre amitié pour servir d'une seconde mère a ma fille en mon absence. Je vous enverrai par la Suisse de quoy pouvoir fournir a son entretien, etc., etc.
Au nom de Dieu, tirer moi d'inquiétude, et conserver un peu d'amitié pour un frere qui n'oubliera jamais vos bontés. Je suis avec toute la reconnoissance possible votre très cher frere.
A. D. Philidor
Voici comment il faudra me faire parvenir votre lettre.
Vous mettrez une enveloppe avec l'adresse suivante :
A Monsieur Luc Preisverch, près la Douane à Bâsle, en Suisse,
et sous l'enveloppe, vous prierez Mr Preisverch de faire passer a son adresse la lettre incluse, dont vous mettrai l'adresse de cette manière :
a Monsieur Philidor, Little Ryder Street n° 10 Saint James, a Londres.
Il faut faire affranchir a la grande poste, sans quoi votre lettre ne me parviendroit pas.
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