L147 — Londres, 13 décembre 1793

L147 — Londres, 13 décembre 1793

À sa femme

Londres, ce vendredi 13 Xbre 1793.

Ma très chere et très bonne amie,

Toutes mes inquiétudes sont passées, ayant reçu trois lettres de toi, de 15 jours en 15 jours, la derniere en datte du 23 9bre. Je vois que tu n’a pas reçu d’argent de moi depuis le mois de juillet. J’avois consigné 10 guinées vers le 20 7bre dernier, pour lesquelles on devoit te remettre 840 L. De plus, au mois d’octobre, j’ai consigné de nouveau 15 guinée pour qu’on te remit 1 260 L. Je vois que tout cela a manqué, et malheureusement, mon argent reste consigné sans que je puisse en faire usage. Je m’empresse, dans ce moment, de t’envoyer 12 guinée par la Suisse, que Mr Luc Preisverch, Banquier a Bâsle, doit te faire remettre par les ordres de la maison Herries. Je compte dorénavant n’employer que ce moyen comme le plus sur. Si il arrivoit qu’on te paye les 840 L. et les 1 260 L., tu les recevrais en donnant ta quittance, mais comme je n’ai point consigné d’argent pour les 20, 25 a 30 guinées dont je t’ai parlé dans mes dernieres lettres, tu refuseras de rien recevoir. Les Banquiers sont toujours le plus sur moyen, et je vais m’arranger pour tâcher de retirer mon argent consigné, afin d’être en état de pouvoir te faire passer de nouveaux secours.

Je me porte assez bien et j’espere ne plus aller a la campagne. Notre club est ouvert d’hier au soir. Notre société sera très mince et peu nombreuse d’ici au 21 janvier que le Parlement doit s’assembler. Je te souhaite une bonne fin d’année et vis dans l’esperance que la nouvelle nous réunira pour longtemps. Bien des amitiés a tous nos enfants, Sœurs, Beauxfreres, parents et amis, et te prie d’assurer Mme Le Brun de toute ma reconnoissance. Je suis pour la vie avec la plus tendre amitié et avec les plus grands regrets de ne pouvoir pas t’embrasser, ton très cher et meilleur ami.

A. D. Philidor


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