L140 — Londres, 8 février 1791

L140 — Londres, 8 février 1791

À son fils aîné

Londres, 8 février 1791.

Je te fais un millions de remercimens, mon cher ami, d’avoir trouver les moyens d’arranger mes petites affaires et j’ai bien des obligations a l’aimable personne qui t’a aidé pour terminer. Je n’ai pas pû encore remettre a la diligence ce que je t’avois promis mais comme demain je compte être en état de marcher, j’irai voir quelques amis et je ramasserai ce que je pourrai pour te l’envoyer. Mon attaque de goutte auroit du venir deux mois plus tôt, dans ce moment cy cela m’a fait un tort réel. Je suis très chagrin que l’établissement que tu esperois n’ait pas pu réussir ; quand a moi je suis résolu de ne plus faire de voyage a l’avenir ; comme tout les privilèges sont nuls, je trouverai d’une maniere ou d’une autre a profiter de mes talents et ajouter quelque chose a mes pensions ce qui seroit suffisant pour me faire subsister très honnêtement. 

Je ferai mon possible pour être de retour a la fin de may. Je suis douloureusement affecté de la maladie de Mme Fortin et je serois bien fâché de la perdre, car malgré ses petites tracasseries elle a le cœur excellent. Tu me marque que Frédéric a parlé a Mr Le Camus qui lui a dit que la pension du Trésor Royale ne pouvoit pas être payé, la grande affaire est qu’elle ne me soit pas otée. Si ce n’est qu’un retard c’est un dérangement, mais une privation seroit cruelle dans l’état ou je me trouve, voilà pourquoi j’avois imaginé le mémoire pour n’être pas compris dans la liste des fugitifs. Enfin j’espere que tu veillera a mes petits interets pendant mon absence. Dans trois mois et demie j’aurai le plaisir d’embrasser toute ma famille et je compte qu’il ne sera plus question de séparation. Je te réitere mes sentiments d’amitiés et suis ton très cher papa.

A. D. Philidor

Une marée extraordinaire a causé des inondations et des domages étonnants dans différentes villes et campagnes, beaucoup de bestiaux perdus, jardins ruinés et maisons démolies. Cela c’est passé du 1er au 2 février.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire