L137 — [Londres, 20 septembre 1790]
À son fils aîné
[Londres, 20 septembre 1790].
Je voudrois savoir, mon cher ami, si tous les pensionnaires de l’opera, auteurs, ont été traité comme moi et si la pension du Tresor Royale est supprimé ou diminuée, je n’ai point lû de Decret a ce sujet et je voudrois que tu m’en donnat une idée dans ta premiere lettre. Je ne vois gueres d’autres moyens dans ce pays cy pour un François de faire quelque chose qui n’a aucun talents éminent que la ressource de montrer le françois ; il y a plusieurs maîtres de langues ici qui font bien leurs affaires, mais il faut de la patience pour donner des leçons et on cherche a traduire pour les libraires, ce seroit la seule ressource que je verrois pour toi, si au cas les lectures ne pourroient pas réussir, mais en ne réussissant pas, cela te donneroit la réputation de bien prononcer le françois, ce qui seroit beaucoup ; tout cela n’est qu’autant que tes affaires ne pourroient plus te faire rester à Paris.
A. D. Philidor
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