L125 — [Londres], mardi 6 avril 1790
[A sa femme] [Londres] Ce mardi 6 avril 1790.
Ma très chère et bonne amie,
Je suis si pressé et j’ai tant d’affaires dans ce moment cy que je suis privé du plaisir de pouvoir m’entretenir longtemps avec toi. Mes petites affaires commencent d’aller leur train et je suis dans l’esperance de revenir avec au moins 50 Louis. Je jouerai pour la derniere fois samedy 17 de ce mois sans voir les Echiquiers. Je continue à jouir de la meilleur santé et je désire de tout mon cœur que ton Rhumatisme te laisse dormir tranquille. Je suis très faché que notre grenadier ne soit pas en bonne santé et j’espère qu’il suivra les conseils de Mr Doublet. Les bains sont trop chers, mais le lait est un souverain remède pour les jeunes gens. Tu peux assurer mes enfans que ce qui pourroit augmenter mon amitié pour eux sera le devoir du service pour la patrie. Nous savons depuis trois jours que Maillebois s’est déshonoré pour la 2de fois et qu’il est en Hollande.
Adieu. Je n’ai que le temps de t’assurer que je suis pour la vie, avec toute la tendresse imaginable, ton très cher et meilleur ami.
A. D. Philidor
N.B. : Le piano forte est emballé et partira par le 1er navire. J’écrit à Calais par cette même poste pour qu’on l’expédie à Paris.
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