L082 — Calais, 31 décembre 1788

L082 — Calais, 31 décembre 1788  

[A sa femme]  

Calais, 31 décembre 1788.

Ma chère amie,

Je suis arrivé à Calais bien portant mais très fatigué, n’ayant pas encore dormi depuis que je t’ai quittée. Le froid ne nous a incommodé qu’a l’heure des repas, car dans la voiture nous avions chaud. Je vais me coucher et j’espère que demain il ne paroitra rien a mes fatigues. Nous avons la jolie femme que le mari ne vouloit pas laisser partir. Elle est fort amusante et je viens de lui faire avoir une passe, et je compte que sans passeport, elle viendra a Londres avec nous. 

Je ne me suis point ennuyé en route. Je t’embrasse de tout mon coeur et je te donnerai de mes nouvelles de Douvres vendredy, si nous pouvons passer demain. Je te souhaite une bonne année et beaucoup de santé.

Ton très cher et très fidel ami.

A. D. Philidor


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