L031 — [Londres], mardi 6 janvier 1784

L031 — [Londres], mardi 6 janvier 1784

[A sa femme]
[Londres] Ce mardi 6 janvier 1784.

Je t’envoye, ma chere amie, tout ce que tu me demande par tes lettres que j’ai reçu hier avec celle de notre petite. Tu l’embrasseras de bon cœur pour moi. Je t’envoye cy joint mon certificat de vie et les billets pour la comédie Italienne. Tu feras mes complimens a Mᵣ Meynier et tu lui diras que de deux forte piano qui seront prets avant quinze jours je choisirai le meilleur. C’est de Beyer dont tu en connois le prix, avec les pédales et différens mouvemens. Le prix est pour moi de 20 guinée. Les pareils, il les vends 22. 

L’embalage et le fret monteront a une guinée et demie, et une monture de corde, une demie guinée : cela fera en tout 22 Louis que tu peux recevoir de Mᵣ Meynier. Le tout est de m’écrire s’il faut faire l’expédition pour Ostende ou pour Calais ou cet instrument sera vendu pour les 22 Loüis. Il s’agit de m’écrire au plus tôt a qui il faut l’adresser dans l’un ou dans l’autre endroit. Je suis très content de 8 souscripteurs au 27 Xᵇʳᵉ. Cela annonce 60 dans le courant de ce mois et 80 au moins dans le mois de février. La souscription se fermant le 1ᵉʳ de mars, ainsy 60 ou 80 font 140 Louis : il y aura de profit 50 Louis et mon ouvrage a vendre.

Il n’y a point de trouble en Angleterre. C’est une obstination du R. mal placé avec son parlement. Lundi prochain, tout sera arrangé et la ville rempli de monde. Je ne suis pas plus riche que toi dans ce moment, car j’ai la valeur de 6 francs en poche. Je te souhaite une aussi bonne santé que la mienne et autant d’attachement et de tendresse pour moi que j’en ressens pour toi.

Bien des amitiés de ma part a Silvestre et a Philemon, que Dieu bénisse ton frere aîné et ma sœur. Adieu, ma chere amie. Je t’embrasse mille et mille fois et suis, pour la vie, ton très attaché serviteur et bon ami.

A. D. Philidor

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