L024 — Londres, vendredi 9 mai 1783
[A sa femme]
Londres, ce vendredy 9 may 1783.
Londres, ce vendredy 9 may 1783.
Ma très chere et très bonne amie,
Je n’ai point reçu de tes nouvelles depuis le 27 du mois dernier, et j’attends avec impatience une réponse du Sr Morel. Mais voici, en attendant, ce que tu pourrois me faire écrire, ou a peu près, par Danican ou Philidor, pour pouvoir donner une raison valable au comte de Bruhl qui, par la maladie de Lady d’Egremont, se trouve un peu délaissé, ne pouvant recevoir personne chez lui.
Madame,
Madame,
Je suis chargé, de la part de Messieurs du comité de l’opera de vous prier d’écrire a M. Philidor que l’on désireroit au plus tôt son retour a Paris pour pouvoir prendre les arrangemens nécessaires que requiert son 1er Navigateur, tant pour ordonner les décorations que pour régler les ballets dont cet ouvrage est susceptible.
J’ai l’honneur d’être, Madame,
Votre très humble serviteur
La Salle
Votre très humble serviteur
La Salle
Tu m’enverras cette lettre sur une demie feuille de papier, et j’espère, dans 8 jours, pouvoir t’écrire : « Ne m’écrit plus, je pars tel jour ». Mr le duc de Chartres est ici depuis lundi avec Mr de Conflans, le duc de Fitz James et un Mr Changran. Ils iront a Newmarket pour les courses la semaine prochaine. On ne scait pas s’ils resteront longtems ici, c’est encore un secret. Je vais arranger touttes mes petittes affaires d’interets la semaine prochaine. Je ne reviendrai pas aussi riche que je le désirerois, mais enfin, je ferai touttes les comissions dont tu m’a chargé, ainsy que celles pour Angus. Le plaisir que j’aurai de te revoir me consolera de mon peu de fortune. Je n’ai rien de nouveau a te mander, si ce n’est que j’ai le bonheur de jouir d’une parfaite santé. Adieu, ma très chere amie, crois moi pour la vie ton très cher et très fidel ami, et avec une tendresse inexprimable ton cher raton.
A. D. Philidor
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