L020 — Londres, vendredi 4 avril 1783
[A sa femme]
Londres, ce vendredy 4 avril 1783.
Ma très chere et très bonne amie
Londres, ce vendredy 4 avril 1783.
Ma très chere et très bonne amie
Cette lettre ne sera pas aussi utile que la derniere, et c’est avec bien des regrets que je ne me trouve pas en état de recommencer. Au reste, je me porte très bien, et je te souhaite une aussi bonne santé que la mienne.
Les ministres sont nommés a la fin de mercredy dernier. C’est a peu près comme je te l’avois écrit il y a 15 jours. Le conseil est composé de 7 membres (viz) : le Duc de Portland (premier), le Lord North et Ch. Fox, secrétaires d’Etat ; le Lord Cavendish, chancellier de l’Echiquier ; le comte de Carlisle, Garde des Sceaux ; le Lord Stormont, président du conseil ; et le Lord Keppel, la marine. Le reste s’arrange aujourd’huy, mais ce sont les places en sous ordres.
Ainsy, voilà la paix qui va regner parmi la nation et tout va reprendre l’activité ordinaire. Mr de Moustiers, notre ministre, est fort aimable. J’ai dîné deux fois chez lui. Sa femme est mourante de la pulmonie, et je ne conçois pas qu’il ait pu lui faire passer la mer.
Voici la copie du billet de change que tu dois avoir reçu la poste derniere, en cas de malheur ou de vol.
N° 1451, Billet de change transferable pour 840 Livres a sept jours de vüe préfix. Nous payerons ou ferons payer chez nos agents a la place ci bas indiquée (sur acquit par Duplicat) a l’ordre de Madame Philidor, la somme de huit cent quarante livres tournois sans fraix quelconques, valeur reçu comptant de Mr Philidor.
N° 1451, Billet de change transferable pour 840 Livres a sept jours de vüe préfix. Nous payerons ou ferons payer chez nos agents a la place ci bas indiquée (sur acquit par Duplicat) a l’ordre de Madame Philidor, la somme de huit cent quarante livres tournois sans fraix quelconques, valeur reçu comptant de Mr Philidor.
A Londres ce 31 mars 1783
Payable chez Messieurs Girardot, Haller et C.
Robert Herries et Comp.
a Paris.
Payable chez Messieurs Girardot, Haller et C.
Robert Herries et Comp.
a Paris.
Je désirerois bien que tu écrivit un mot a Mr de Falbaire pour le prier de ne pas négliger Mr Amelot au sujet du 1er navigateur. Tu sçais que c’est notre seule ressource, et que si la mise de cet ouvrage manquoit cet été, nous nous retrouverions encore plus embourbé que l’année passée. Fais bien des amitiés de ma part a Mr et Mme Doublet, a tous nos amis et parents, ainsy qu’a nos enfans. Quand a moi, je vois avec grand plaisir le tems qui s’avance ou j’aurai le plaisir de te tenir entre mes bras pour te jurer de vive voix que je te suis attaché pour la vie et toujours ton meilleur ami.
A. D. Philidor
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