L002 — Londres, mardi 7 janvier 1783
[A sa femme]
De Londres, ce mardi 7 janvier 1783.
De Londres, ce mardi 7 janvier 1783.
Ma très chere et bonne amie,
Je suis arrivé samedy dernier à 3 heures à Londres, un peu moins fatigué que je n’étois à Calais et à Douvres, les voitures de ce paÿs étant très commode, et pouvant trouver sur les routes d’Angleterre du bouillon, du thé ou du caffé, chose que je n’ai pas pu avoir depuis Paris jusqu’à Calais. Mon attaque de goutte est totalement passé de ce matin ; je me chausse avec mes souliers ordinaire aujourd’huy.
Je suis dans mon nouveau logement d’hier. J’ai un bon lit et de bons hôtes. J’ai retrouvé mon cher comte de Bruhl toujours le même et plus disposer que jamais a me rendre service. Je ne puis encore te donner aucune nouvelle de mes affaires, ne faisant que d’arriver, mais tu peux compter, ma chere et charmante amie, que je n’oublierai pas les 600 L. pour le mois de février. Je scais bien que cela ne te donnera pas de quoi vivre. Enfin, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir, tu peux en être très certaine.
J’apprend que Linguet est ici. Mr de Vergennes et Mr du Raineval ne voye personne ici et vive très retiré. On espere a la paix ici également qu’en France, mais la chose n’est pas faite, ce qui chagrinera beaucoup d’honnête gens. J’attends de tes nouvelles avec bien de l’impatience. En attendant, je te jure que personne n’est avec plus d’attachement, d’amitié, de tendresse et d’amour ton cher ami et très fidel Raton.
A. D. Philidor
Beaucoup d’embrassemens à nos enfans, amis et parents.
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