L001 — Calais, 1er janvier 1783
[A sa femme]
De Calais, ce 1er janvier 1783.
De Calais, ce 1er janvier 1783.
Ma très chere et bonne amie,
Je te souhaite une bonne année et t’assure de toutte mon amitié. Les vents me retienne à Calais, et tant qu’il sera au nord plein, nous ne partirons pas. Je suis arrivé très fatigué, n’ayant pas dormi depuis le vendredi au soir jusqu’au lundi 7 heures du soir que nous sommes arrivés.
Les chemins sont épouvantables et il a fallu faire route jour et nuit sans aucun repos : cela m’a donné une très légère douleur de goutte et un peu d’enflure, mais cela ne sera rien et ne m’inquiete nullement, car tous mes compagnons de voyage ont eu les jambes et les pieds enflés.
J’ai reçu des visites hier de plusieurs honnête gens de la ville et je vais dinner aujourd’huy chez l’Inspecteur Général des harrâs.
Je suis dans une bonne auberge et j’ai un bon lit. La table d’hôte me coute trente sols sans le vin, et ma chambre 20 sols par jour. Si au cas je reste ici longtemps, ce sera pour moi une raison de plus pour engager le comte de Bruhl à m’avancer trente guinée à mon arrivé à Londres pour que je puisse t’envoyer de quoi payer le billet de 600 L. et 5 Louis.
De reste, ne doute pas de mon amitié et sois bien assuré que je n’oublie pas la situation embarrassante ou je t’ai laissé : je ferai de mon mieux. Recommande le travail à tes enfans et tache de leur en faire sentir toutte l’utilité. Il est grandement temps qu’il tache de devenir des hommes.
Je t’embrasse de tout mon cœur. Aime-moi autant que je t’aime, et crois moi pour la vie ton très cher et très tendre époux.
A. D. Philidor
Bien des amitiés à tous nos enfans, amis et parents, sans oublier Mr et Mme Doublet.
Un md en magazin, qui étoit dans la diligence et qui va a Londres chercher des marchandises, m’a mis au fait de plusieurs circonstance au sujet de Me Bainville et quoy qu’il soit dans sa banqueroute, il me paroit qu’il croit que c’est Me Fortin qui a occasioné sa ruine pour des chicannerie de loyers, etc., etc.
Un md en magazin, qui étoit dans la diligence et qui va a Londres chercher des marchandises, m’a mis au fait de plusieurs circonstance au sujet de Me Bainville et quoy qu’il soit dans sa banqueroute, il me paroit qu’il croit que c’est Me Fortin qui a occasioné sa ruine pour des chicannerie de loyers, etc., etc.
A. D. Philidor
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